Les Rostand/Biographie d'Edmond Rostand

Biographie d'Edmond Rostand

Rostand triomphe avec Cyrano


« La gloire qui fut celle de mon père, on ne peut l’imaginer aujourd’hui. On ne se rend plus compte de ce qu’a été sa célébrité. C’était une sorte de fétichisme » Jean Rostand.

 
Le 27 décembre 1897, se donne au Théâtre de la Porte Saint Martin la première de Cyrano de Bergerac, la nouvelle pièce d’un jeune auteur, Edmond Rostand.
A l’âge de 29 ans, Rostand est un poète encore peu connu. « Les Romanesques » ont été jouées à la Comédie Française le 21 mai 1894 et les années suivantes. Un an plus tard, il obtient un succès honorable avec « La Princesse lointaine » interprétée par Sarah Bernhardt, qui monte également en 1897 « La Samaritaine ». Mais personne ne soupçonne le talent épique qu’il va dévoiler avec sa nouvelle œuvre.
 
En cette soirée d’hiver, rien ne laisse présager le déferlement d’enthousiasme qui va suivre. L’ambiance est au doute. Edmond Rostand raconte plus tard « Je me souviendrai toujours que, la veille de Cyrano, un comédien sortant de la dernière répétition ayant rencontré un confrère qui l’interrogeait du regard, répondit laconiquement : « Noir »[i].
 

[i]  Lettre conservée à la bibliothèque de la Comédie Française 
 
Dès le premier acte, la salle est soulevée par le panache de Cyrano
« Ah ! Non ! C'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme...
En variant le ton, —par exemple, tenez :
Agressif : « moi, monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur le champ que je me l'amputasse !... »
et la suite…

Un homme toujours élégant


Autoportrait - Musée Edmond Rostand - Arnaga

Ce morceau de bravoure fera le tour du monde en plusieurs langues et la salle médusée retrouve l’enthousiasme des grandes premières théâtrales romantiques. Un souffle oublié et puissant, qui déchaine l’enthousiasme au second acte avec un autre morceau de bravoure : « Ne pas monter bien haut peut-être, mais tout seul ! ». Délire pour le baiser de Roxane au troisième acte, triomphe définitif au baisser du rideau. Une star est née : c’est Rostand, que Coquelin essoufflé tentera vainement d’amener sur scène. [ii]

[ii]Marie-Thérèse Cuny, « Edmond Rostand ou le poète étincelant » Jours de France n°1572, pp3-12 - février 1985.