Les Rostand/Jean Rostand

Jean Rostand



ZoomJean dans son laboratoire à ArnagaJean (30 octobre 1894- 4 septembre 1977), d’un tempérament plus solitaire, ressemble à son père. La vie à la campagne offre au jeune garçon l’occasion d’observer la nature, éveillant son intérêt pour l’histoire naturelle. « Dans le grand parc familial d’Arnaga, et dans les bois avoisinants, je rencontrais, à profusion, de quoi entretenir ma passion naissante et stimuler mes curiosités. » Jean Rostand, Souvenirs d’Enfance. Loin de tempérer cette passion, son père lui offre un petit laboratoire pour ses expériences. A la fois homme de sciences et homme de lettres, il contribue à faire de la biologie une science majeure (De la mouche à l’homme) et signe de nombreux ouvrages philosophiques (Pendant qu’on souffre encore, La Loi des riches). L’essentiel de ses travaux porte sur la parthénogenèse (reproduction sans mâle dans une espèce sexuée). Il étudie également la génétique des amphibiens à travers les caractères héréditaires des mutations chez les crapauds et les grenouilles. Tout comme son père, il entre à l’Académie Française en 1959.

Jean Rostand est né le 30 octobre 1894 à Paris. C’est encore un jeune enfant lorsqu’il arrive à Cambo‐les‐Bains avec ses parents. Dans un entretien avec Eric Laurent en 1975, il se souvient de son enfance : J’étais un enfant sauvage, assez difficile, pas très obéissant, mais enfin prenant des colères, assez rebelle à certaines choses. Je ne voulais pas qu’on me coiffe, qu’on me frise !

Jean par Eugène PascauVoici un portrait de moi avec des cheveux bouclés de fille ; j’étais furieux, alors, d’avoir des boucles de fille ; je criais quand on venait les enrouler, quand on devait les friser ; je devais avoir sept ou huit ans. Je n’aimais pas non plus qu’on me mette de jolis costumes avec des tas de dentelles. J’allais me rouler dans le gazon pour les salir. J’étais un peu indiscipliné.



Dans son discours de réception à l’Académie française, il raconte le début de sa passion pour les sciences naturelles :
J’avais à peine neuf quand je lus, au dos d’un mince cahier scolaire, une page tirée des Souvenirs entomologiques. Il s’agissait du scarabée sacré et de ses pilules de bouse. Etrangement remué par ces quelques lignes, j’exprimai aussitôt le désir d’avoir le volume qui les contenait. On me donna le premier tome des Souvenirs, puis le second ; et bientôt, je les possédai tous les neuf… L’un après l’autre, je les dévorai. Un monde insoupçonné s’ouvrait à moi, qui n’était plus le monde de l’enfance, mais restait celui de la féerie. J’écrivis à Fabre, et Fabre me répondit. Il fit mieux. Il m’envoya quelques insectes de sa Provence qui gardaient sur eux, comme une invisible phosphorescence, la gloire d’avoir été touchés par l’homme de Sérignan.