Les Rostand/Ses pièces

Ses pièces

ZoomEdmond et Rosemonde jouant les RomanesquesLes principales œuvres d’Edmond Rostand :
 
Le Gant rouge, 1888
Les deux Pierrots 1881
Les Romanesques, pièce en vers créée en 1894
La Princesse lointaine, pièce créée en 1895 au Théâtre de la Renaissance
La Samaritaine, pièce créée en 1897 au Théâtre de la Renaissance
Cyrano de Bergerac, triomphe dès la première, le 27 décembre 1897
L’Aiglon, créée par Sarah Bernhardt en 1900
Chantecler, écrit à Arnaga, création en 1910
La Dernière Nuit de Don Juan, création posthume en 1921
Faust de Goethe, Adaptation et traduction


CYRANO DE BERGERAC

 
Bien que plus d’un siècle se soit écoulé depuis, Cyrano de Bergerac demeure le chef-d’œuvre incontestable d’Edmond Rostand et, sans avoir rien perdu de sa verve ni de sa suprême élégance, Cyrano continue de donner « des ailes à l’enthousiasme ». Tout en s’y affirmant comme homme de théâtre, Rostand s’y révèle aussi homme de spectacle : tout dans Cyrano vibre et vit à la simple lecture ; la description même des décors suffit au lecteur pour imaginer le grouillement de l’Hôtel de Bourgogne, les fumets délectables de la rôtisserie de Ragueneau, la fureur de la guerre ou la raideur glacée du couvent.

 

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Ce document est un extrait du récit qu'a écrit Rosemonde sur la vie de son mari. Le manuscrit originel est précieusement conservé au Musée Arnaga. Les 60 premières pages de cette biographie sont consacrées à cette illustre personnage qui a fait la gloire de son auteur, Cyrano.

LA GENESE DE LA PIECE

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Dans son ouvrage « Vingt ans d’intimité avec Edmond Rostand », Paul Faure, l’ami intime du poète, nous révèle certaines des sources de l’œuvre.



Le Cyrano version Rostand

Edmond Rostand découvre la vie de cet écrivain étrange et querelleur en lisant le récit qu’en fit Le Bret. Inconnu du public, ce personnage, qui intéressa certains érudits comme Charles Nodier en 1838 ou Théophile Gautier, retient l’attention d’Edmond Rostand. Sans tout à fait le métamorphoser, Rostand fait subir à Cyrano un véritable polissage, son « Cyrano » sera plus poète que philosophe. Il veut réussir son héros, « Exalter avec du lyrisme, moraliser avec de la beauté, consoler avec de la grâce, bref donner une leçon d’âme » (Extrait de son discours de réception à l’Académie Française).

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Savinien de CYRANO DE BERGERAC a réellement existé au XVIIème siècle. Cet écrivain français (Paris 1619 – 1655) va inspirer le personnage d’Edmond Rostand. Né dans une famille de la petite noblesse de robe, Savinien de Cyrano de Bergerac fréquente, dès son adolescence, les milieux de la bohême littéraire.

Le véritable Cyrano





HISTOIRE D'UN TRIOMPHE

Une ambiance difficile en coulisse

Les répétitions se déroulent dans une ambiance épouvantable parsemée de doutes et de découragements. Madame Rostand reçoit même le conseil d’un ami pour supprimer la Tirade des nez « qui selon lui faisait crouler la pièce sous le ridicule ».

Le soir de la Première arrive enfin …

ZoomA Georges Feydeau qui, en arrivant au théâtre, demandait à l’interprète de Le Bret ce qu’allait être, selon lui, le succès de la pièce, il fut répondu laconiquement :
- …Noir !
Le mot : four étant sous-entendu…

Et pourtant, quelques heures plus tard, la pièce enflamme le tout Paris ! A deux heures du matin, le public éperdu, crie, rit, pleure, applaudit encore, et ne veut pas quitter le théâtre.

Un succès théâtral

206 représentations ont été données à guichets fermés au théâtre de la Porte Saint-Martin jusqu’au 30 juin 1898, avec un seul jour de relâche ; le 29 septembre Cyrano est repris et est joué jusqu’au 31 mars 1899, avec six jours de relâche. En 15 mois, il y eut 424 représentations, soit une recette de 2 598 848 francs, dont 10 % pour l’auteur.

Une presse conquise

Les journaux répandent dans toute la ville le nom étincelant d’Edmond Rostand et de « Cyrano de Bergerac »

« Un grand poète héroï-comique a pris sa place dans la littérature dramatique contemporaine – et cette place, c’est la première » déclare le 30 décembre 1897 Henry Bauër à l’Echo de Paris.
 
« Tous ceux qui créent s’inclinent aujourd’hui devant la jeunesse triomphante de son génie » écrit Henry de Gorsse dans la Patrie
 
« Nous avons mis la main sur un auteur dramatique, sur un homme qui a le don…Quel bonheur ! Quel bonheur ! » écrit Francisque Sarcey dans Le Temps.
 
« Cyrano, ce fut un coup de tonnerre. Ce fut la journée de théâtre la plus éclatante depuis Hernani et ce fut Hernani sans bataille. Il y eut unanimité de Paris, des Province , de l’Europe entière. On se sentait en face d’un chef d’œuvre…Ce qu’on saluait aussi, c’était la renaissance éclatante de ce romantisme que les Français ont comme dans le sang, non pas depuis Hernani, mais depuis le Cid » rappelle Emile Faguet.





EXTRAITS CHOISIS

Cyrano de Bergerac - Illustration Dubout - 1947 Cliquez pour le texte du Baiser de Roxane


Cyrano de Bergerac - Illustration Dubout - 1947 Cliquez pour le texte et des vidéos

Cyrano de Bergerac - Illustration Dubout - 1947 Cliquez pour le texte et des vidéos


LES MUSARDISES


En 1894, la pièce « Les Romanesques » est jouée pour la première fois avec le Bargy dans le rôle de Percinet, De Feraudy dans celui de Straforel et Mlle Reichemberg dans celui de Sylvette. Le succès fut très vif.

Edmond Rostand écrivait à propos des « Romanesques » :
« La scène se passe où l’on voudra, pourvu que les costumes soient jolis ».
 
Deux jeunes gens, Sylvette et Percinet, s’aiment. Mais leurs pères feignent une brouille ancestrale pour éprouver leur amour. Un mur sépare les deux familles autour duquel se passent les rencontres.
Un spadassin nommé Straforel est chargé par les pères d’enlever Sylvette et Percinet sauvera sa bien-aimée de cet enlèvement factice. Le mur, symbole de l’amour romanesque, sera détruit.
La révélation de la supercherie trouble l’amour des deux jeunes gens et perturbe l’entente des deux pères. Sylvette refuse de jouer un deuxième enlèvement par Straforel.
Mais la sincérité de leur amour réconcilie les amants.
Le mariage peut avoir lieu.


LA PRINCESSE LOINTAINE


Le 5 avril 1895, a lieu au théâtre de la Renaissance la première de « La Princesse Lointaine » dont le rôle principal de Melissinde est joué par la plus grande artiste théâtrale de l’époque, Sarah Bernhardt. Il s’agit d’un drame sentimental ayant pour cadre le Moyen Age (XIIème siècle). Rostand s’inspire de l’histoire de Jaufré Rudel, seigneur poète de Blaye, qui selon la légende serait tombé amoureux de la comtesse de Tripoli, Melissinde, sans l’avoir jamais vue. Il s’était embarqué pour la Syrie afin de la rencontrer. Tombant malade en mer, il n’arriva à Tripoli que pour rendre le dernier soupir entre les bras de cette comtesse qui prit le voile aussitôt.
 
Le premier acte se déroule sur le pont d’un navire en route pour Tripoli. Joffroy Rudel a armé ce vaisseau pour rencontrer la princesse Mélissinde, connue pour son extraordinaire beauté. Il est accompagné par le médecin Erasme et par un ami fidèle, Bertrand d’Allamanon. Joffroy a contracté une grave maladie. A l’approche des cotes, il est intransportable. Bertrand sera son ambassadeur et devra obtenir la visite de la princesse. Si à son retour, Joffroy était mort, les marins hisseraient une voile noire.

Couronne portée par Sarah Bernhardt dans le rôle de Mélissinde, princesse d’Orient, comtesse de Tripoli. Elle fut vraisemblablement conçue par Alfons Mucha, qui réalisa également les décors de la pièce.


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Sarah Bernhardt dans le rôle de Mélissinde, princesse d’Orient, comtesse de Tripoli. Elle porte une couronne vraisemblablement conçue par Alfons Mucha, qui réalisa également les décors de la pièce.




LA SAMARITAINE

 
Pièce jouée pour la première fois le 14 avril 1897 au théâtre de la Renaissance, dont le rôle principal, celui de Photine, fut interprèté par Sarah Berndhardt.
 
Il s’agit d’un poème sur l’épisode touchant de la rencontre de Jésus et de la Samaritaine :
En Samarie, les ombres d’Abraham, Isaac et Jacob viennent annoncer la venue du Messie…
Jésus demande alors aux habitants, persécutés à la fois par les Romains et les Juifs de Jérusalem, d’aimer ces gens et leur conte l’histoire du bon samaritain.
La belle Photine, qui d’abord se moque de Jésus, tombe à genoux lorsque celui-ci se révèle et lui offre sa chanson d’amour, qu’il accepte. Tandis que Jésus explique à Photine comment se rendre digne du royaume de Dieu.
Puis, Photine ameute la foule d’un marché, répétant des textes saints qu’elle n’a pourtant pas pu lire et supplie ses concitoyens de la suivre à la rencontre de Jésus.
Buvant l’eau de la cruche oubliée par Photine, les disciples sont stupéfaits de la trouver délicieuse. La Jeune femme, conduisant toute la ville, dit comment, inspirée par Jésus, elle lui a conquis tous les cœurs.

L'AIGLON



En 1899, Edmond Rostand achève au « Soupizeau » à Compiègne, « L’Aiglon » qui sera joué pour la première fois le 15 mai 1900 au théâtre Sarah-Bernhardt, avec l’inoubliable actrice dans le rôle du fils de l’Empereur.

L'Aiglon créé par Sarah Bernhardt

Exceptionnel enregistrement de Sarah Bernhardt

Sarah Bernhardt dans un enregistrement de 1900Enregistrement 1900 Sarah Bernhardt

Portrait de Sarah Bernhardt par ChatranEnregistrement de Sarah Bernhardt dans l'Aiglon 3mn56