Les Rostand/Ses poèmes

Ses poèmes



A 22 ans, Rostand publie un recueil de poèmes "Les Musardises".

En préface de l'ouvrage il écrit :
AU LECTEUR
Musardise, Action de celui qui musarde
Musarder, Perdre son temps à des riens.
C'est là ce que tu trouveras dans le dictionnaire, Ami Lecteur. Et là-dessus tu n'auras pas grande estime pour un volume de vers qui s'appelle "les Musardises", c'est-à-dire les bagatelles, les enfantillages, les riens.
Mais pour peu que tu sois un lettré ayant connaissance des mots de la langue et de leur sens exact, ce titre ne sera pas pour te déplaire. Même il t’apparaîtra comme seyant bien à un recueil de poétiques essais.
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« Si nous vivions au temps bienheureux de Peau d’Ane
(…) Portant des cheveux blonds derrière toi flottants
Comme un manteau soyeux, tu serais une féerie
(…) Lors, tu me changerais d’un coup de baguette
En un prince Charmant
(…) Nous vivrions, trouvant la vie encore trop brève,
Dans ce beau pays-là pendant plus de cent ans…
(…) Et l’on ferait sur nous une très belle histoire
Que l’on raconterait au tout petit enfant… »
 
Edmond Rostand, Les Musardises, Le livre de l’aimée, 1890.



EXTRAITS CHOISIS




O vieille lampe, ô vieille amie, à ta lumière
Que de bouquins je lus, que de vers j’écrivis !
Sous ton humble abat-jour que de fois tu me vis
Veiller, quand le sommeil rougissait ma paupière !
 
Lampe ventrue et basse, en cuivre bosselé,
Comme on en voit encor sur les vieilles crédences,
Tu reçus bien souvent de graves confidences :
De mes espoirs les plus secrets je t’ai parlé.

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Cette branche pendante et gracile de saule,
Qui vibre parce que l’eau vibrante la frôle,
Ayant voulu sans doute écouter de plus près
Ce qui dit le ruisseau dans son tumulte frais,
Se pencha, d’une souple inflexion de tige,
Un peu d’abord, puis trop, – maladresse ou vertige !

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Déjeuner de Soleil



Le soleil hume la rosée
Qui s’évapore lentement.
Vers lui, dans le matin charmant,
Elle monte, vaporisée.
 
L’aurore fait le firmament
D’une teinte exquise et rosée.
Le soleil hume la rosée
Qui s’évapore lentement.
 
Sur chaque brin d’herbe est posée
Une goutte arc-en-cielisée
De plus de feux qu’un diamant…
Et, comme il en est très gourmand.
Le soleil hume la rosée.
 
 
Extrait de « Souvenirs de vacances »